Années 80..Angleterre. Années Thatcher. Morosité ambiante. Pourtant, une belle histoire, ou plutôt une histoire de 11 grands malades délirants frisant le HP va se mettre en place du côté de Wimbledon.
Vinnie Jones ? Ca vous dit quelque chose ? Mais oui vous savez cet espèce de grande baraque complètement barré du film Snatch !! Et ben imaginez 11 Vinnie Jones sur un terrain.
La photo que vous voyez ici est l'illustration parfaite du "Crazy Gang" du Wimbledon FC de la fin des années 1980...Une équipe de ferrailleurs partis de Division 4 pour atteindre la Premiere League 4 ans plus tard, la finale de la Cup contre Liverpool, et l'Europe. C'était une équipe redoutée par tous.
Les "Dons" comme on les appelait, n'étaient pas vraiment des garçons bienséant. Garçons bouchers est un terme plus approprié. En témoigne le récit de Paul Gascoigne sur sa première confrontation avec Newcastle contre Wimbledon et les propos de Vinnie Jones à son encontre suite à un tacle musclé : " Je m'appelle Vinnie Jones et je suis un Gitan, je gagne beaucoup de fric et je vais t'arracher l'oreille avec les dents puis tout recracher sur l'herbe".
Personne dans les hautes sphères londoniennes et de la FA n'aimaient les sud-londoniens. Un jeu rugueux, basique, uniquement exploitable pour la contre-attaque. Des matchs bien souvent fermés, mais une foutue envie de renverser un championnat anglais décadent et qui s'apprêtaient à bouleverser sa configuration en instaurant la toute nouvelle Premiere League. A tel point que la grand attaquant de l'équipe d'Angleterre Gary Lineker avait dit au sujet des Blues Londoniens : "Sincèrement, je préfère me matter un match de Wimbledon sur le teletext de la BBC qu'en vrai..."
1987/1988 fut la saison de la consécration. Après une saison en demi teinte, Sam Hammam le président libanais de Wimbledon veut motiver ses troupes pour la Cup. "Si vous ne réussissez pas, je vous fait bouffer des couilles et de la cervelle de chameau". Les joueurs l'ont pris au mot et se hissent en finale contre le Liverpool de l'époque, au jeu léché et latin.
La finale est enlevée. Wembley gronde de la furia Rouge des hommes de la Mersey. En plein Wimbledon (tennistique) les Londoniens sont peu concernés par le match et boudent cette énième confrontation...
Pourtant, les hommes de Denis Wise (tout juste arrivé de sa campagne) vont fusiller Liverpool. Sur un but sur coup de pied arrêté, le temps s'arrête, et ce Crazy Gang qui encore 3 ans auparavant végétait dans un championnat de troisième zone avec des joueurs mineurs, fraiseurs, artisans, boulangers, va réaliser le plus gros hold up de l'histoire de la Cup Anglaise.
Wimbledon gagne la finale 1 à 0 et réalise le plus bel exploit de la FA. Le foot est un sport qui se joue à 11, et très rarement ce sont les plus fous qui gagnent. L'année d'après sera l'année de trop...
L'après finale est le déclenchement du déclin. Vinnie Jones ne supportera plus sa condition d'homme accompli et s'en ira flirter avec l'alcool, les femmes et les tentatives de suicide. L'artilleur, John Fashanu tentera tant bien que mal de finir une carrière avant que son frère, Justin Fashanu ne finisse par se suicider suite à son coming-out (John Fashanu ira jusqu'à répudier son frère..ce qui causera vraisemblablement le suicide de ce dernier).
L'après finale est le déclenchement du déclin. Vinnie Jones ne supportera plus sa condition d'homme accompli et s'en ira flirter avec l'alcool, les femmes et les tentatives de suicide. L'artilleur, John Fashanu tentera tant bien que mal de finir une carrière avant que son frère, Justin Fashanu ne finisse par se suicider suite à son coming-out (John Fashanu ira jusqu'à répudier son frère..ce qui causera vraisemblablement le suicide de ce dernier).
En 2003, Wimbledon dépose le bilan et s'en va s'acoquiner avec la ville nouvelle Milton Keynes. Les supporteurs furieux dénonceront une marchandisation du club et une vente à une ville sans personnalité en quête d'un grand club.
Dès lors, les supporters créèrent l'AFC Wimbledon qui redescendra tout en bas de la pyramide des divisions anglaises (et dont le sponsor est Football Manager ... ). Aujourd'hui, ils sont au porte de la League One (équivalent de notre National)...
Affaire à suivre !


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire