C'est une vie tumultueuse que la vie de cet homme là. Père mineur, enfance à Gardanne (pas la plus belle bourgade des Bouches du Rhône). Garçon chétif, maigre dont on ne savait quoi faire. La tête des jeunes qui passent leur temps à se prendre des coups plutôt qu'à en donner. C'est une évidence, ce gamin n'ira vraiment pas loin dans la vie. Dans sa vie. Et pourtant.
Nous sommes le 21 Décembre 1996, il est 21h00 quand Old Trafford se prépare à vivre l'instant le plus magique, le plus exceptionnel de toute son histoire. 20eme journée de Premiere League, Manchester United affronte Sunderland, bon 14ème du championnat et qui n'a rien d'autre à faire que d'attendre prudemment le maintien. Quant aux Mancuniens, ils rongent leur frein depuis quelques temps déjà. 4ème, ils ne sont qu'à 2 petits points des Gunners de Wenger arrivé cette saison.
Les Diables Rouges ne comptent pas se laisser faire. Sir Alex Ferguson alignera donc son équipe type à Old Trafford. Une défense tenue de main de faire par les frères Neville et Irwin. Un milieu de terrain qui sent bon la testostérone avec Giggs et Nicky Butt, et enfin un trio d'attaque composé de Scholes, Cantona, et Solskjear (un tout nouveau venu que l'on appelera quelques années plus tard "Super Sub" notamment grâce à son rôle déterminant dans la victoire de ManU en Ligue des Champions 1998/1999).
En cette soirée glaciale dans le Théâtre des Rêves, les Rouges sont intraitables. 2 à 0 à la mi-temps avec un but de Ole Gunnar Solskjaer et un but de Cantona sur pénalty. Ce n'est peut être pas la meilleure saison du King à Manchester. Blessé, il loupe pas mal de matchs, et n'inscrira "que" 11 buts.
Le Norvégien doublera la mise au retour des vestiaires, avant que Nicky Butt enfonce définitivement le clou.
On se dit alors qu'on se dirige vers une fin de match des plus tranquilles pour Manchester United, et que les supporters vont peu à peu quitter le stade, surs du résultat et de la force technique de leur équipe. C'est mal connaître les habitants de la cité industrielle anglaise. Fier de leur Diables Rouges jusqu'au sang, ils se disent qu'il y a encore quelque chose de grandiose à faire. Et ce grandiose-là va être amené de manière magistrale par un certain Eric. Eric the King.
21h00. Ferguson a fait rentrer McClair et Karel Poborsky (étincelant avec la République Tchèque lors de l'Euro 1996). Du haut de ses 30 piges, Cantona n'a plus ses jambes du début des années 90. Mais il a encore la vista, l'envie, la fougue et la prise du risque insensée qu'il y a avec.
80e Minute....Poborsky lance Cantona qui efface 3 joueurs de Sunderland. Il s'enfonce dans la défense adverse, un une-deux parfait avec McClair.
Et puis ....
A ce moment là de la saison, Cantona était critiqué de toutes parts, pour son manque d'efficacité devant le but et sa méforme. Critiqué de tous, sauf des supporters. Il marque. Il jauge, il regarde, il tance. C'est le King. Que dire de plus ?
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