
Lecteur, je vais être méchant avec toi. Je vais te faire te remémorer la pire soirée du football français. Novembre 1993. Toute l'équipe de France est prête à s'envoler pour la World Cup 1994 aux USA. Même si nos cousins d'outre Atlantique ne sont pas des fanas de "soccer", ils nous promettent une belle et grande fête.
La défaite au match précédent face aux Israéliens au Parc des Princes a douché les premiers espoirs français. Cette fois, face à la Bulgarie, c'est un véritable naufrage. Le Titanic du foot Français (easy celle là).
Et parmi les joueurs bulgares bourreaux des Bleus, il y a un certain Trifon Ivanov. Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus, c'est pas vraiment vraiment celui qui trust les premières places du sportif le plus sexy dans FHM.
Pour mes lecteurs strasbourgeois, c'est le genre de mec que tu retrouves facilement dans un camion Quai des Alpes ou à la frontière allemande. Le mec un peu bourru, un peu maquereau, un peu pervers. Un Emile Louis light quoi....
Et pourtant, Ivanov a été l'un des plus grands joueurs bulgares des années 90. Atteignant même avec la Bulgarie les 1/2 finales de la Coupe du Monde 1994. A cette époque là, on parlait beaucoup des Kostadinov, Stoichkov, ou Letchkov. (ou, pour européaniser la chose des Kostadin, Stoich, Letch...ce qui est quand même sacrément moins classe).

Trifon est un peu le pilier de la sélection Bulgare. 77 sélections, un vision du jeu assez exceptionnelle, et un "mouilleur de maillot" comme on n'en fait plus. Pour autant, ses adversaires se souviennent de lui comme un véritable boucher, capable de te faire les croisés sur un simple tacle glissé. Un tueur.
Dur à la douleur, il se donnait toujours à 200% sur le terrain. Pourtant, il n'a jamais été considéré comme un immense joueur de foot. En cause : ses relations avec les différents entraîneurs qu'il a pu rencontrer au cours de sa carrière. Du Bétis Séville au CSKA Sofia, en passant par le Rapid de Vienne, avec qui il atteindra la finale de la Coupe des Coupes en 1995/1996 (perdue face au PSG).
En 1998, dernière année avec la sélection bulgare, il offre un parcours calamiteux à son équipe (qui est la plus vieille de la Coupe du Monde : 31,8 ans de moyenne), et notamment une défaite 6 à 1 contre les Espagnols (malgré tout éliminé eux aussi de la compétition).

Il passera au chaud, en Autriche, les trois dernières années de sa carrière à l'AC Florisdorfer (grosse équipe...) avant de prendre sa retraite et de rejoindre les limbes obscurs d'un groupe pétrolier bulgare...
Dernière frasque de notre Professeur Tournesol, l'achat d'un tank de l'armée bulgare - pour son petit plaisir personnel dit-il - lors d'une vente aux enchères de l'armée nationale. Première réaction de l'ancien international : "C'est dingue !! Il flotte sur l'eau en plus".
Autant dire que Trifon fait partie des joueurs comme on n'en fait plus. Des tarés dans leur tronche, prêt à crever pour une équipe, pour un pays, avec des fréquentations peu recommandables qui gravitent autour d'eux.
De vrais joueurs de foot en somme.
But de Trifon contre le Pays de Galles en 1995 pour la qualification à l'Euro 1996
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