lundi 18 novembre 2013

[Perdu de Vue] La C2 : Adieu la Coupe des Coupes.

La "C2". Je ne vous parle pas ici d'un nouveau modèle de voiture de la marque au chevron! Je vais vous conter une partie de l'histoire de cette Coupe des Vainqueurs des Coupes, plus souvent abrégée en "Coupe des Coupes". Perso, elle m'a fait bander. Un paquet de fois. Mon premier souvenir remonte à la victoire d'Arsenal contre Parme un soir de Mai 1995 au Parc des Princes...

Toute l'histoire commence un soir de 1960. Une poignée de journalistes sportifs européens réunis lors de la Coupe des villes de Foire (l'ancêtre de la Coupe de l'UEFA) discutent, palabrent sur la possibilité de la création d'une nouvelle coupe qui réunirait les vainqueurs des Coupes Nationales. Et pour tout avouer, les dirigeants des clubs n'étaient pas vraiment chauds. L'Europe du foot était encore monolithique, ne régnait que les Manchester et autres Barcelone. De nouveaux matchs, de nouveaux déplacements, personne n'en voulait de cette C2.

Pourtant, durant la saison 60/61 eut lieu un premier tournoi "pour du beurre", remportée par la Fiorentina face aux Glasgow Rangers. Petit à petit, la Coupe des Coupes va gagner en notoriété et en visibilité.



Ca y est, la Coupe des Coupes est définitivement lancée. Dans les années 70-80, la C2 va prendre un réel essort et l'intérêt des sponsors se fera grandissant. La C1 semblant devenir désuète, la coupe des Coupes va prendre le relais médiatique. Des matchs spectaculaires, comme cette finale de 1979 au Sankt Jakob de Bâle (avant la modernisation), qui vit le FB Barcelone battre le Fortuna Dusseldorf des frères Allofs 4 à 3 (a.p)



Mais au fur et à mesure des années, la C2 devient galvaudée. Considérée comme la plus "petite" des coupes européennes, et au vu de l'investissement massif des sponsors sur la C1 et la C3, la coupe aux petites oreilles devient le parent pauvre de la scène européenne. A tel point que Lennardt Johansson, alors président de l'UEFA, décide de supprimer définitivement la compétition à l'issue de la saison 1998/1999. Et il faut bien reconnaître qu'au final, il a eu raison. Les deux dernières éditions étaient de véritables purges à regarder. Le dernier vainqueur fut la Lazio de Rome face au RCD Majorque (du jeune Samuel Eto'o). Cette année là (....le premier qui fredonne aura ma main dans la gueule), les Laziali avait une équipe de rêve, rien ne pouvait les arrêter. Jugez plutôt :


Allez, pour le plaisir on regarde le boulet de canon de N'Gotty en finale de la C2 1996 contre le Rapid de Vienne de notre mascotte Trifon Ivanov. Le dernier trophée européen d'un club de foot français. C'était il y a 17 ans...




PSG-Rapid Vienne 95-96 N'Gotty par boss779

vendredi 15 novembre 2013

Un Yaourt au goût Bulgare

Le feu béotien attend la France...
1 an que j'avais laissé tomber ce blog...et j'ai relu les articles. Au final, je me suis dis que la passion était toujours là, enfouie. Cette passion du football vintage, des shorts "moule-bite" et de la coupe mulet. Tony Vairelles m'a manqué, et ses guns avec. C'est reparti pour une année d'articles, d'histoires, d'anecdotes et de matches de bouchers, à la "papa".

Aujourd'hui, on va taper dans le classique. La tragédie grecque par excellence, sauf qu'elle n'a de grecque que le fil rouge de cette soirée de Novembre 1993.
Le froid traverse Paris, le football français est au plus mal...l'OM englué dans son affaire de match acheté, la Division 1 n'est pas vraiment palpitante, à part un vrai faux duel à distance entre le PSG et Bordeaux.


Depuis Septembre 1992 se déroule les éliminatoires de la Coupe du Monde 1994, et pour ceux qui réussiront à glaner le précieux sésame, direction les USA. Très honnêtement, quand on a appris que les USA allaient organiser la compét', on s'est bien dit que cela avait été magouillé et qu'on allait se faire grossement chier.


En haut, à gauche : Martini (Gar.), Casoni, Cantona, Sauzée, Roche, Boli
En bas, à gauche : Gravelaine, Lizarazu, Deschamps, Durand, Papin.

A l'époque, c'est Gérard Houiller qui a pris la place de Michel Platini. L'équipe de France s'est lamentablement plantée à l'Euro 1992, en partant dès le premier Tour, alors qu'elle était annoncée comme favorite. Platini parti (pour participer à l'organisation de la CDM1998), on est allé chercher Houiller. Un mec du sérail, de la DTN, qui allait nous sortir de ce merdier...


Et bien que nenni. 1ère erreur, avoir garder des cadres de 1992, ne pas avoir renouveler l'équipe (comme Jacquet le fera brillamment quelques mois plus tard). Résultat, la France patauge, mais elle s'en sort bon an mal an dans ce groupe qui sent bon le piège.
Suède, Bulgarie, Israël, Autriche, Finlande. Saint-Marin ? Féroé ? Des points faciles à gagner ? Même pas en rêve ! A croire que la FIFA avait envie de nous bais** dès cette poule.

Au soir de la dernière journée d'éliminatoires et après une défaite indigente contre Israël (au Parc des Princes, 2-3), l'équipe de France grille son dernier joker. Nous sommes le 17 Novembre 1993...

Classement au 17 Novembre 1993 - Matin. 

Comme on le constate assez vite, un nul suffit à la France pour partir outre-atlantique, un tout petit match nul...Pourtant, à aucun moment la France ne doute. A aucun moment elle ne se rend compte qu'elle aura en face d'elle, ce soir, au Parc des Princes l'une des plus belles équipe du siècle footballistique bulgare. Penev, Kostadinov, Ivanov, Letchkov, et Stoïchkov. Un quintette magique.

La suite ? Je vous la propose en vidéo (je vous conseille 2 prozacs avant, ça passera toujours mieux).



But à la dernière seconde de Kostadinov, non pas à cause de Ginola, comme beaucoup de gens l'ont pensé à l'époque, mais à cause du coaching de Houillier ! Jouer avec deux attaquants qui, contrairement à ce qu'on a expliqué pendant des années, n'ont jamais été complémentaires (JPP-Canto). Le choix de laisser sur le banc le "déjà" aguerri Lizarazu (24 ans à l'époque) qui aurait découpé le Bulgare, etc....

Ce fut une soirée mouvementée, mais qui finalement a permis de crever l'abcès de ces années de plomb : 1988 - 1994. Le lendemain, Houillier se déchaîna contre Ginola, Jacquet devenait entraîneur en chef. Dès son premier match à la tête des Bleus, en Italie en Février 1994, Djorkaeff condamne la Squadra Azzura à la suite d'un match qui portera déjà l'empreinte de l'épopée 1998.

Pour dernière petite anecdote, et pour au final rendre à la Bulgarie ce qui appartient à la Bulgarie, les slaves ont réalisé une Coupe du Monde exceptionnelle, avec un parcours génialissime, des joueurs un peu fous, qui sortaient, buvaient des coups et traîner dans tous les peep-show de leur lieu de match. Pour arriver au final 4ème d'une Coupe du Monde définitivement historique !
Pour fêter ça, un petit Revival Panini - Bulgarie 1994 !







mercredi 13 novembre 2013

Un automne alsacien

Gérald Baticle
C'est l'histoire improbable d'une équipe faite de vieux briscards, de talents inégalés, de ronchons et de joyeux lurons. Nous sommes le 9 Décembre 1997. Il est 23h à San Siro. Les supporters strasbourgeois pleurent la défaite face au grand Inter de Milan des Ronaldo, Zanetti, ou encore Djorkaeff, après être passé si près de l'exploit. Baticle et les siens n'ont rien pu faire face aux assauts répétés des Nerrazurri.
C'est l'histoire d'une équipe qui aura fait vibrer la France pendant des mois, et tout commença un soir d'Avril 1997...


Fin des années 1990, la France vibre de nouveau pour son football hexagonal. A quelques encablures de France 98, l'Equipe de France d'Aimé Jacquet enchaine les bons résultats et le "Tournoi de France" 1997 (ersatz de Coupe des Confédérations) se prépare doucement mais surement. En D1, c'est Monaco qui tient le haut du pavé. Henry, Trezeguet, Barthez, Petit dominent de la tête et des épaules la compétition. Au mois d'Avril, les hommes du Prince, entraîné par Jean Tigana comptent 10 points d'avance sur le PSG de Raï.

Strasbourg est 4ème à 7 journée de la fin, à quelques points de la Ligue de Champions. Et avec lui, c'est Bordeaux qui tient la corde (6ème). Le 12 Avril 1997 se profile la finale de la Coupe de la Ligue entre ces deux équipes. Le parcours de Strasbourg est remarquable. Elimination de Saint Etienne au premier tour, puis Cannes, avant de taper les Monégasques en 1/2 finale.
Ce soir, au Parc des Princes, ce sont eux les favoris. Bordeaux restant sur une victoire très difficile en 1/2 finale contre Montpellier.

Et pourtant, la finale, la dernière disputée au Parc, ne sera pas d'une grande teneur. Un match qu'on pourrait même qualifier de plat tellement les occasions ont été réduites à néant par Vencel et Bordart, les deux portiers, et l'inefficacité des Papin et autres Baticle.


Et puis arriveront les tirs aux buts...interminables



RCS - Bordeaux finale coupe de la ligue par bouquenom

Strasbourg gagnera la Coupe de la Ligue, mais terminera 9ème de l'exercice de D1 laissant filer les 4 dernières journées de championnat, en étant assuré de jouer la Coupe de l'UEFA en 1997/1998.

Arrive donc cette fameuse compétition européenne (qui avait quand même sacrément plus de gueule que la "Ligue Europa..." Merci Platoche...). Pas de phases de groupes, dès l'Automne on entrait dans le vif du sujet. Et le tirage au sort n'a pas été clément avec les Alsaciens. Les Glasgow Rangers de Gattuso (hé oui...) Gascoigne et Laudrup



2 à 1 à l'Aller, la même au Retour. Du grand art ! Puis, Strasbourg va de nouveau tomber sur un os. Et quel os ! Liverpool. Les Reds. Le club mythique !
21 Octobre 1997. 20h. Coup d'envoi de ce match dont la Meinau se souviendra encore longtemps. Robbie Fowler et les siens, alors 5ème de Premiere League, ne verront pas la balle. Zitelli est sur un nuage, et Conteh va achever le travail



Les Bleus sont en 1/8è de finale. Strasbourg entre définitivement dans la cour des Grands. Le 25 Novembre 1997, ils affronteront l'Inter de Milan. Le Grand Inter de Milan. L'équipe entraînée par Gigi Simoni supplante tous ses adversaires en Série A. 1 défaite au compteur. Mais ce jour de Novembre, l'étincelle est venue de deux hommes. Baticle, et Ismaël....



Tout le monde connaît la suite...défaite à San Siro 3 à 0. Ronaldo au top de sa forme, des Strasbourgeois émoussés qui luttaient pour le maintien. 
Le Racing terminera à une piètre 13 è place (18 clubs à l'époque en D1), mais donna des frissons à tout un peuple, tout une ville et tout un pays. 
Des épopées comme Strasbourg n'en a plus connu depuis 2005, date de son dernier trophée en Coupe de la Ligue.

Depuis ? Morne plaine...