samedi 29 décembre 2012

Il était une fois dans l'Est


On va faire un peu d'histoire ce soir cher Lecteur. Refaire un Monde où il n'était pas possible de passer par dessus un certain mur. Stasi, DDR, Honecker. Nous étions jeunes, insouciants français de l'Est regardant un pays divisé de l'autre côté du fleuve. A 800km de la frontière franco-allemande, une ville meurtrie par presque 30 ans de séparation. Une idée inconcevable 15 ans auparavant, quand l'ONU vit le jour. 


C'est une longue période que celle des deux Allemagnes, des deux Berlin. Il y eu le blocus, Yalta, puis le joug international, Checkpoint Charlie, la seigneurie communiste contre l'ogre occidentalisé. Mais dans toute cette histoire, il y eut le sport. Le dopage fait figure de joyau est-allemand notamment dans les compétitions internationales. Comme incrusté comme une parenthèse politico-sportive dans ce Monde qui n'en n'est plus vraiment un, il y avait le Dynamo et le 1.Union Berlin. C'est cette partie méconnue du football allemand que Panenka s'en va raconter aujourd'hui...

Köpenick. Berlin Est. Prendre le S-Bahn et poser ses pas à Ostkreuz. Le Spreepark de Berlin n'est pas loin. Nous sommes dans le fief du 1.FC Union Berlin. Modeste club de 2.Bundesliga en cette saison 2012/2013. Mais dans les années 1980, il représentait bien plus que ça, c'était une bouffée de liberté qui circulait dans les travées de l'Alte Forsterei, le stade mythique. La Stasi était toute puissante et ne se doutait pas de ce qui allait se dérouler à la fin de cette décennie. Police d'Etat soumis au pouvoir sans merci d'un Honecker vieillissant mais d'une Russie toujours ses deux jambes. 

La Stasi possédait surtout LE club de Berlin Est : Le Dynamo. S'y engageait les joueurs les plus expérimentés de RDA (Thomas Döll, Rainer Troppa). Aucun joueur n'y possédait un quelconque esprit critique. Inféodé à la police de la RDA, il dépendait directement du Ministère de l'Intérieur. 
Le 1. FC Union lui, était entièrement supporté par les syndicats de mineurs, de sidérurgiste, ou de l'industrie automobile est-allemande d'où sortent Trabant et autres véhicule bringuebalants. 

Erich Mielke, l'entraîneur officieux du Dynamo (et patron de la Stasi) était le possesseur d'un blanc-seing de la part de la police d'Etat pour piller brutalement à chaque mercato le 1.FC Union, sans même dédommager l'équipe de Köpenick. Le hooliganisme est-berlinois s'est alors scindé de la plus violente des façons. Bagarres rangées entre supporters des rayés Unionistes et syndicalistes contre les "lécheurs de culs" du pouvoir en place. Cela dépassait le cadre du football. Ancré dans la civilisation est-allemande déclinante des années 80, cette rivalité cristallise tout ce que les quartiers du Berlin soviétique vivaient pendant que le Hertha et le Tennis Borussia Berlin vivait leur foot à l'occidentale dans l'Olympiastadion avec Coca et bière australiennes. 

Alors Quid d'aujourd'hui ? Après un énorme passage à vide dû à la réunification à la fois du pays et du championnat de Football, les équipes Est-allemandes se remettent à espérer une gloire pourtant très incertaine. Leipzig, Dresde, et donc Berlin ne sont plus les têtes d'affiches. Pourtant, le 1.FC Union Berlin n'est toujours pas un club comme les autres.
Profondément ancré à gauche, alter-mondialiste et égalitariste, les supporters du quartier de Treptow-Köpenick ne sont pas vraiment des "socios". Ils SONT le Club.




En 2008, l'Alte Fosterei, l'antre des Rouges et Blancs part en lambeaux. Les caisses du club sont vides. C'est alors que les supporters vont bénévolement prendre les choses en main. Durant leurs cinq semaines de congés payés ils viendront toutes et tous rénover le stade.
4 ans plus tard, c'est un stade quasi flambant neuf de 23 000 places qui trônent sur la colline berlinoise.

Le côté underground des supporters est resté. Admirant le punk et le métal, professant des chants assez sordides contre les supporters du Dynamo Berlin, les supporters Eiserne se situent au delà du football, dans un contexte socio-politique propre à la capitale allemande.





A leur célèbre chant : "Die Mauer musst weg" (Virez le mur !), ont été choisies les chansons de la plus célèbre des punks est-allemande Nina Hagen.
Dans leur quartier industriel d'Oberschöneweide, des frissons parcourent encore les murs gris des anciens "corons" des syndicalistes chevronnés. le 1.FC Union Berlin n'est pas mort, il vit encore et rêve, pourquoi pas, d'un autre destin....



jeudi 27 décembre 2012

{Au service de sa Majesté} Saison 1994/1995 : Qui s'y frotte s'y pique

Bon, Lecteur de Panenka, si je te dis championnat d'Angleterre 1995, tu dis immédiatement (parce que tu es cultivé) "Coup de pied retourné Cantona". Très juste ! Et c'est bien cela qui a coûté le titre à Manchester United. C'est donc une nouvelle chronique que nous inaugurons aujourd'hui. "Au service de sa Majesté". 

Non pas que les joueurs de Premiere League doivent tous forcément allégeance à la Reine d'Angleterre, mais il y a un "je ne sais quoi" d'exceptionnel qui nous ramène tous à une équipe bien précise outre Manche. 

Untel aimera Arsenal pour son côté melting pot, l'autre Chelsea pour son attaque de feu et son jeu léché, ou bien encore celui ci qui adorera Liverpool pour l'Histoire (avec un grand "H") que le club transporte avec lui (spéciale dédicace à Antoine). 

C'est une Premiere League toute jeune (né au début des années 90) que viennent de rejoindre Crystal Palace, Nottingham Forest et Leicester City. Des favoris se dégagent dès le mercato d'Eté. Manchester United veut conserver son titre, Newcastle, Arsenal et Leeds sont en embuscade, alors que Wimbledon, Sheffield et Liverpool tentent désespérément de retrouver leur lueur d'antan. 


Mais c'est un tout autre club qui va faire parler de lui. Son nom : Blackburn Rovers. Sa devise : Arte e Labore (De l'art du travail). Minitieux, tactique, contre-attaque. Voilà ce qui fera le succès des joueurs de la Mersey (et oui, encore un club de Liverpool) au cours de cette saison 1994/1995. Une équipe faite de très jeunes prometteurs et de vieux briscards. Un "minet" à la gueule pas dégeu selon les tabloïds (ça change de Gascoigne...) va faire sensation. Il s'appelle Alan Shearer, il a 24 ans, et il est associé en attaque à son jeune homologue : Chris Sutton acheté près de 5 000 000 £ à Norwich. 

C'est bien simple, à eux deux ils vont marquer 49 des 80 buts des Rovers. Une saison tonitruante qui voit les bleus et blancs s'installer en tête du championnat dès la 10e journée. Ils ne quitteront plus le trône royal. Manchester courra pendant des mois après les Witschge, Le Saux, et autre Newell. Les hommes de la Rose vont donc passer l'Automne, l'Hiver et le Printemps au chaud, profitant de quelques cruelles désillusions des autres grands clubs anglais. 

Et il n'y a pas que le "King" d'Old Trafford qui péta son petit câble. Bon nombre de joueurs de Premiere League vont tâter de la savate. Dennis Wise, l'ancien de Wimbledon et le néo Londonien de Chelsea va fracasser la tronche d'un chauffeur de taxi. Le milieu de terrain d'Arsenal Paul Merson accro à la cocaïne et à l'alcool va partir en "rehab" pendant 3 mois, la même aventure que va connaître Chris Armstrong le buteur prolifique de Crystal Palace. 
C'est une saison totalement folle que cette saison 1994/1995. Une dont les supporters anglais se souviendront longtemps. Au sortir d'une douloureuse saison 1993/1994 qui ne fut qu'une balade de santé pour les Red Devils, où l'équipe d'Angleterre échoua en qualifications de la Coupe du Monde aux USA, il fallait une année de dingue. Elle eu lieue. 

Le 8 Mai 1995 - quelques jours après l'élection de Chirac mais ça on s'en branle... - les Rovers battent Newcastle à Ewood Park 1 à 0. 89 points. Manchester United n'est qu'à un petit point et voilà la saison 1994/1995 terminée. 1913-1914, il aura fallu attendre 81 avant de revoir les hommes Bleus et Blancs Champion. 





Classement Final - Premiere League 1994/1995


Equipe Championne d'Angleterre 1994/1995 - Blackburn Rovers





Oh Lecteur ! Tu as compris le principe, il faut que tu scrolles jusqu'à la fin. Et bien évidemment c'est pour te montrer THE IMAGE de la saison. Janvier 1995, Cantona est expulsé face à Crystal Palace. Un supporter quelque peu émeché le traite de "sale fils de pute de français". La réaction de Canto ? Un kick en plein dans la face. "AYYUUUKENNN"




Mais tu as encore scrollé (mal aux doigts hein?), voici une vidéo rare que j'ai cherché pour toi Lecteur en fouillant dans les recoins de You Tube. Un but de Shearer lors de l'avant dernière journée à Ewood Park sur un terrain immonde, de la bière à flot, des outsiders champions. Un vrai millésime cette Premiere League 1994/1995 ! 

41e journée 1994/1995 - Premiere League
Blackburn - Newcastle (1:0)




lundi 24 décembre 2012

La Muse de Poznan

Lecteur, je vais te parler d'une lointaine contrée qui se nomme Pologne. Longtemps associée à une certaine grisaille, voire même une réelle envie de suicide en voyant les usines de Gdansk, la Pologne a su, au fil de son adhésion européenne, redevenir une terre fière de ses ancêtres, de son histoire tant architecturale que sportive.

Il y avait les Boniek, Smolarek, et autres Lato. Une génération dorée qui perdurera plus d'une décennie, de 1973 à 1985. C'était un football à l'allemande, avec une touche d'Amérique du Sud. Ca circulait, ça virevoltait. 3ème de la Coupe du Monde 1974 et 1982. On ne rêvait que de titres.

Et puis les années 90 sont arrivées avec son lot de corruption, de magouilles et autres meurtres inexpliqués. Le foot polonais était pourri jusqu'à la moelle. L'équipe ne dépendait plus que de Bak et de Dudek. Il n'y avait plus aucune volonté politique de relancer le football polonais. Une économie exsangue, et voilà comment aurait pu se terminer le déclin de l'équipe rouge et blanche. 

Pourtant, les années 2000 vont augurer du renouveau des clubs et de l'équipe Nationale. Une Coupe du Monde 2002 avec, certes, une élimination au Premier Tour (mais une victoire brillante contre les USA), une campagne pour le Mondial 2006, brillamment menée avec un petit point de retard sur les Anglais au mois de Décembre 2005. 

Résumé France - Pologne (Février 2000- 1:0, Zidane)


Pour ce qui est du Championnat, l'Ekstraklasa (T Mobile pour le Naming hein...) n'est pas des plus réputés. Il y avait bien le Gornik Zabrze (fleuron de l'esprit communiste puis de Solidarnosc, qui fera l'objet d'un article dans peu de temps), et le Legia Warsaw, mais bien prophètes en leur pays, ces deux équipes n'ont quasiment rien gagné au niveau européen.

Mais il y a un club, le Warta Poznan, qui est totalement différent des autres. Pourquoi ? Tout simplement car voici sa présidente. 




Oh oui Lecteur de Panenka, là tu te dis que tu as bien fait de lire mon article aujourd'hui ! Elle, c'est Izabela Lukomska. Ex - Playmate de Playboy, elle a décidé en 2011 de tout quitter et de reprendre la tête du club du Warta Poznan qui végète doucement mais surement en I.Liga (ou deuxième division polonaise). Bon ... on se dit pourquoi elle vient et qu'est ce qu'elle fout là ? Mais ne soyons pas machistes, elle s'occupe de manière couillue de son club. Elle déteste donner des primes, arguant que son pays a plus besoin d'argent que ses joueurs, et quand il y a un besoin urgent de mettre un bon coup de pied aux culs à ces bons à rien, elle est également là. Beaucoup d'entre eux se réclament victimes d'une femme tyrannique. Ils ont surement raison, mais quand elle envoie à Mario Balotelli, le soir de la défaite de l'Italie à l'Euro 2012 : "Arrête de pleurer comme une fillette Mario, sois virile comme un vrai mec". Autant dire qu'elle est un peu ... dominatrice. 


Aujourd'hui le Warta Poznan est quelque peu empêtré à la 11ème place de la I.Liga. 3 matchs consécutifs sans victoire, une bonne branlée contre Miedcz, candidat à la montée (5:2). Autant dire que la belle Isabelle est dans une situation un poil (...) délicate. N'est pas Margarita Louis Dreyfus qui veut !
Et pourtant, notre belle polonaise est persuadée que cette saison, ils vont monter et ainsi relancer le derby fameux : Lech contre Warta. Et ainsi redonner un peu d'espoir à notre Izabela, qui si les soirs d'Hiver à Poznan, entre brouillard et mineurs avinés, a besoin de réconfort, sait qu'elle pourra compter sur les lecteurs de Panenka. 



Allez pour toi Lecteur, je te laisse sur cette magnifique image de notre amie Izabela, lors de son intronisation au poste de Présidente du club du Warta Poznan. :)



dimanche 23 décembre 2012

{Goal's Story} "Marquer ce but contre Sunderland, et lever les Bras"


C'est une vie tumultueuse que la vie de cet homme là. Père mineur, enfance à Gardanne (pas la plus belle bourgade des Bouches du Rhône). Garçon chétif, maigre dont on ne savait quoi faire. La tête des jeunes qui passent leur temps à se prendre des coups plutôt qu'à en donner. C'est une évidence, ce gamin n'ira vraiment pas loin dans la vie. Dans sa vie. Et pourtant. 


Nous sommes le 21 Décembre 1996, il est 21h00 quand Old Trafford se prépare à vivre l'instant le plus magique, le plus exceptionnel de toute son histoire. 20eme journée de Premiere League, Manchester United affronte Sunderland, bon 14ème du championnat et qui n'a rien d'autre à faire que d'attendre prudemment le maintien. Quant aux Mancuniens, ils rongent leur frein depuis quelques temps déjà. 4ème, ils ne sont qu'à 2 petits points des Gunners de Wenger arrivé cette saison. 

Le championnat promet d'être extrêmement disputé. Alan Shearer (que l'Equipe d'Angleterre a érigé en héros national lors de l'Euro 1996) est dans SA saison avec Newcastle, et rien ne l'arrête. Arsenal, sous la houlette de cadres comme Winterburn et Keown, engage une vraie révolution sous l'ère de l'Alsacien Arsène qui a décidé d'engager de très jeunes joueurs internationaux pour donner un côté latin à cette équipe londonienne (Vieira et Bergkamp notamment). 

Les Diables Rouges ne comptent pas se laisser faire. Sir Alex Ferguson alignera donc son équipe type à Old Trafford. Une défense tenue de main de faire par les frères Neville et Irwin. Un milieu de terrain qui sent bon la testostérone avec Giggs et Nicky Butt, et enfin un trio d'attaque composé de Scholes, Cantona, et Solskjear (un tout nouveau venu que l'on appelera quelques années plus tard "Super Sub" notamment grâce à son rôle déterminant dans la victoire de ManU en Ligue des Champions 1998/1999). 

En cette soirée glaciale dans le Théâtre des Rêves, les Rouges sont intraitables. 2 à 0 à la mi-temps avec un but de Ole Gunnar Solskjaer et un but de Cantona sur pénalty. Ce n'est peut être pas la meilleure saison du King à Manchester. Blessé, il loupe pas mal de matchs, et n'inscrira "que" 11 buts.
Le Norvégien doublera la mise au retour des vestiaires, avant que Nicky Butt enfonce définitivement le clou.

On se dit alors qu'on se dirige vers une fin de match des plus tranquilles pour Manchester United, et que les supporters vont peu à peu quitter le stade, surs du résultat et de la force technique de leur équipe. C'est mal connaître les habitants de la cité industrielle anglaise. Fier de leur Diables Rouges jusqu'au sang, ils se disent qu'il y a encore quelque chose de grandiose à faire. Et ce grandiose-là va être amené de manière magistrale par un certain Eric. Eric the King.

21h00. Ferguson a fait rentrer McClair et Karel Poborsky (étincelant avec la République Tchèque lors de l'Euro 1996). Du haut de ses 30 piges, Cantona n'a plus ses jambes du début des années 90. Mais il a encore la vista, l'envie, la fougue et la prise du risque insensée qu'il y a avec.
80e Minute....Poborsky lance Cantona qui efface 3 joueurs de Sunderland. Il s'enfonce dans la défense adverse, un une-deux parfait avec McClair.
Et puis ....


A ce moment là de la saison, Cantona était critiqué de toutes parts, pour son manque d'efficacité devant le but et sa méforme. Critiqué de tous, sauf des supporters. Il marque. Il jauge, il regarde, il tance. C'est le King. Que dire de plus ?




dimanche 16 décembre 2012

Firms Anglais : Welcome to the Jungle !


Panenka va se la jouer violence gratuite aujourd'hui. Non, rassures toi je vais pas faire non plus l'apologie des petites frappes à deux balles. Aujourd'hui, on parle des "Firms" anglaises. Une "Firm" c'est quoi ? Cela signifie "Gang of Soccer Hooligan". 

Sachez, chers lecteurs, que le football anglais n'a pas toujours été le spectacle quasi pépère que l'on peut voir chaque dimanche sur Canal +. Il y a eu des bagarres épiques, des morts, des mâchoires fracturées, des chevilles transpercées. Et jamais dans un bon esprit. Tout le contraire que l'on pourrait voir au Rugby. 


Et donc c'est un article un peu spécial que je te propose. Je pense qu'en bon fan de foot décalé et culturel, tu as du voir le film "Hooligan". On va donc plonger dans le Top 10 des firms les plus tapées de toute l'Angleterre. Des blasons, des armes, des histoires. Mets ton gilet par balle, "here we go". (Je te préviens on v se le faire décroissant ... ça maintient le suspense ...). 

10. The MIG's Luton Town


Les "Mens in Gear". 1985, ils arrivent foutre le bordel à Luton, petite bourgade au Nord de Londres. Lors d'un match contre les malades de Milwall (club désigné le plus dangereux d'Angleterre), 700 sièges sont arrachés. C'était en Mars. Et pour fêter ça, chaque mois de Mars, les hools de Luton saccagent leur ville. Des gars simples et gentils. Surtout simples. 


9. Suicide Squad Burnley. 

La doyenne. 1970, c'est la crise dans le Nord Ouest de l'Angleterre. On s'y fait clairement chier. Alors, des metallos de Burnley vont fonder le premier "firm". Il n'ont pas de blason, juste un nom à te mettre sous Prozac : "Suicide Squad". En 2002, lors d'un match contre Nottingham Forest, Andrew McNee, jeune SS poignarde un ado de 17 piges. Il sera banni pour 10 ans dans les stades anglais. En 2006, il sort de prison et dès le lendemain part à Bolton pour voir le match....


8. Aston Villa Hardcore


Comment dire ? Ce ne sont pas les plus nombreux, et pourtant Aston Villa comprend bien de "firms" (Villa Youth, Steamers, etc...). Leurs pires ennemis ? La "Zulu Army" de Birmingham. Les fameuses batailles rangées continuent encore aujourd'hui. La pire des bastons se passa un soir de 2006, quand les Hardcore voulait lancer un livre (au sens figuré hein) dans une librairie de Birmingham. Bad Idea, la Zulu les attendait. Ils ont rebroussé chemin. Flipettes....


7. Hull City Psychos 


Créé en 1960, mais vraiment mise en place et en bagarre dans les années 1990. Les City Psychos sont connus pour leur sympathie extreme-droitisante, et leur rivalité vis à vis des supporters de Sheffield United et de Middlesborough. Ils ont sortis un livre sur leur frasques, avec les plus belles photos de bagarres (395 francs selon Pierre Bellemare). Tapez dans Google Hull City Psychos...de belles têtes de vainqueurs. 

6. Red Army Manchester United. 


Vedettes du documentaire culte "Hooligans" en 1985, les Mancuniens étaient connus non pas pour leurs bastons, mais plutôt pour leur côté Arsène Lupin, gentleman cambrioleur (heu...on repassera pour "gentleman"). Lors des matchs européens, les Mancuniens avaient l'habitude, 1 à 2h avant le match, d'aller fouiller les coffres forts des hôtels où logeaient les joueurs adverses. De gros butins ont été ramenés dans le pays de Cantona. Rouge comme la couleur du communisme, si cher aux ouvriers et mineurs de cette partie industrielle de l'Angleterre. Depuis 1990, la Red Army a perdu de l'influence (comme la plupart des firms) 

5. Muckers de Blackpool. 


Bon, on va le dire tout de suite, Blackpool c'est quand même sacrément dégeu comme ville. C'est le Las Vegas du très pauvre, du mec qui pense que Lidl c'est Fauchon pour lui. C'est un club de merde, qui n'a jamais eu de bons résultats. Mais les mecs s'en foutent, ils adoraient la baston et avaient été même classés parmi les supporters les plus méchants du Royaume Uni. L'un de leurs leaders a dit un jour : "Il y a tellement de sales tronches à Blackpool que vous pourriez vous battre tous les jours". 
Le club est en déclin financier, idem pour les Muckers ("pote" en argot anglais). 

4. Zulu Army Birmingham


On en a parlé un peu plus haut pour leur rivalité légendaire avec les Hardcore de Villa Park. On pourrait comparer sa composition multicolore avec les South Winners de l'OM. Une forte colonie jamaïquaine dans les rangs de la Zulu Army. Birmingham (considérée à tort comme une ville bourgeoise) est l'équivalent de Marseille. Bigarrée, tourmentée, avec un melting pot sensationnel et des senteurs différentes à chaque coin de rue. Les Zulus ont la meilleure réputation chez les Firms anglais. Très ancrés à gauche, et adepte de l'écologie et de l'Alter mondialisme, ils sont tombés en désuétude au début des années 2000 suite à une forte répression (notamment lors de l'opération Red Card). 

3. Headhunters Chelsea. 


HH...oui comme...enfin vous avez compris quoi. Ce quartier boboïsant de Londres, qui possède les plus belles baraques de la ville, a dans son sein le groupe le plus extrémiste et raciste qu'ait connu la Grande Bretagne. Encore très actif, il est proche de Combat 18 (équivalent au GUD en France), et des royalistes Nord Irlandais. Dans les années 80, le néo-nazisme s'affiche clairement à Stamford Bridge. C'est une firm très violente, adepte de la barre de Fer, et qui a - "on dit" - participer à l'attentat perpétré par Combat 18 contre un bar Gay du quartier de SoHo en 1999. 

2. Inter City Firm de West Ham


Nommé en hommage au train que prenait les fans de West Ham pour aller en déplacement. L'ICF était le plus grand groupe de "hooligan" durant les années 80 et 90. Les plus respectés avec la Zulu Army. Mais ils étaient également très redoutés. A tel point que le chemin menant d'Upton Station Park (arrivée du train) jusqu'aux tribunes visiteurs "South Bank" était désigné comme "la marche la plus effrayante du foot anglais", car même les bobbies n'osaient pas protéger les supporters adverses. Lors des fracassages de tronches, les bad guys de l'ICF laissaient une carte de visite au sol pour leurs adversaires du jour : "Félicitations, vous venez de rencontrer l'ICF". 

1. Bushwackers de Millwall. 


La machine à émeutes, la Rolls des Firm. La seule et unique. Bushwackers : Soldats déserteurs qui tendaient des embuscades et autres pièges aux civils (femmes et enfants y passaient aussi...) lors de la Guerre de Sécession. Un slogan mythique : "No one like us, we don't care". Ils sont apparus au début des années 80, ils n'étaient pas appréciés car arrivant trop tard dans la caste très fermée des "firms". 
Le club de Milwall est réputé le plus fou d'Angleterre, et pourtant il rame. Le retour à la tête du club de Théo Paphitis, qui a engager un partenariat avec la police a mis fin aux exactions des Bush...

Vous venez de voir le monde étrange des Firms anglais. Mais c'en est bel et bien fini. Tu veux de la bagarre, va voir les Ultras en Italie. Mais tu n'y retrouveras jamais l'esprit des Hools anglais. Loin de moi la volonté de les glorifier, mais c'était un combat d'hommes, voir d'Hommes. Même si les rivalités étaient fortes, il y avait du respect entre les groupes. Une sorte de concorde fraternelle, mais qui n'empêchait pas les coups. 

Tu te délecteras maintenant du championnat Anglais avec un tout autre regard Lecteur ! 








{La Saison des Teutons} 1999/2000 : Ne jamais dire jamais


Lecteur de Panenka, parfois tu es en stress devant un match, tu te dis "Bordel mais quand est-ce qu'ils vont marquer ces (insultes à placer, n'importe laquelle) ???".  Et puis parfois, comme lors de cette saison 1999/2000 de Bundesliga, tu dois te faire poser un pacemaker. Ce n'était pas une saison comme les autres. Alors qu'en France, L'AS Monaco de Trezeguet et Barthez fait cavalier seul en tête de Ligue 1, en Allemagne, le duel sera serré jusqu'au bout. Jusqu'à la dernière seconde. 



La Bundesliga d'alors est le championnat brutal par excellence. Tout le monde le honnit, la presse sportive européenne n'a d'yeux que pour l'Angleterre des Wenger et Ferguson, ou l'Italie de Capello, Lippi, Zidane and Co. La Mannschaft n'étant pas au top de sa forme, au sortir d'une saison de qualifications à l'Euro 2000 compliquée, il faut - pour la pérenniser - que cette saison soit la plus folle que les Teutons aient offert aux yeux du monde du Foot. 


Et c'est ce qui va vite se passer. A l'aube de ce mois d'Août 1999, la suprématie du Bayern Munich n'est contestée par aucune équipe. Jancker, Elber et Santa Cruz sont les fers de lance d'une attaque bavaroise qui parait invincible. Mais c'est sans compter sur l'épouvantail Leverkusen qui va faire une incusion massive dans le haut du classement pendant toute la saison. L'homme qui va tirer les hommes de la Ruhr vers le haut se nomme Ulf Kirsten. 

Ce garçon, à l'histoire pas banale, enfant de la RDA et grand joueur de l'équipe nationale est-allemande n'est pas un footballeur comme les autres. Il est l'homme de deux clubs. Un joueur fidèle et un grand buteur à Dresde, puis sur la pelouse de la BayArena. 


Et la lutte entre ces deux clubs va se dessiner dès la 3ème journée, laissant les Hambourg, Kaiserslautern, et autres Stuttgart à un combat pour la qualification hypothétique pour le tour préliminaire de la Champions League, l'UEFA ou l'Intertoto. Ces "petites" équipes vont tout de même briller avec un certain Youri Djorkaeff du côté du FCK'lautern, qui mettra 11 buts au cours d'une saison  (et la seule d'ailleurs) où il s'adaptera à merveille dans l'antre du Betzenberg. 


Les promus Ulm, Unterhaching (putain quel nom de ville...) Bielefeld ne feront pas une grande saison, malgré une place honorable pour Untrerhah....enfin bref, vous m'avez compris (on les appellera les banlieusards munichois si jamais ils doivent réapparaitre dans cet article ce dont je doute fortement...). 
La saison se passe plutôt tranquillement, avant que hommes de la BayArena ne mettent un joli coup de pression aux Munichois de Kahn et Lizarazu. 
18 Mars 2000. Un Kirsten en feu, Emerson et Oliver Neuville intenables. Ils ne peuvent plus laisser filer le championnat. Face à Ulm, Leverkusen plantera 9 buts ce soir là. Un must de la Bundesliga. 


Bundesliga Ulm 1 : 9 Leverkusen

Et puis arrive la dernière journée. 20 Mai 2000. Dans 3 semaines s'ouvrira l'Euro 2000. La saison Italienne vient de s'achever sur un scénario ubuesque entre la Lazio de Boksic, et la Juve de Zizou et Del Piero. 2 points d'avance pour les Bianconeri avant la dernière journée. 34ème journée, les Turinois s'inclinent à Perouse pendant que la Lazio atomise la Reggina. 
C'est exactement le même scénario qui va se dérouler quelques kilomètres vers le Nord. Le Bayern Munich joue contre le Werder, Leverkusen chez les banlieusards Munichois de Unt(etc etc...). Il suffit d'un nul aux hommes de la Ruhr pour glaner le titre de champion. (Leverkusen possédait 3 points d'avance sur Munich avant la dernière journée). 


Unterhaching (ouais...Fallait que je vous le mette avant la fin de l'article) est déjà sur d'être maintenu. Pourtant, les hommes de Köstner vont jouer leur va-tout et battre le "Almost champion" comme on l'appellera par la suite, 2 à 0 (avec un c.s.c de Ballack). 

Les Munichois seront efficaces, et plus encore. Carsten "Gott" Jancker est là pour donner aux bavarois THE Titre. Pourtant, Leverkusen n'ayant pas le résultat en direct de l'OlympiaStadion, ils se croient champions...
95è minute à Munich. C'est terminé. Les joueurs de Leverkusen viennent d'apprendre la nouvelle. Ils fêtaient déjà le titre avec les supporters venus au Generali Sportpark d'Unterhaching situé seulement à 15km à vol d'oiseau de l'OlympiaStadion du Bayern. 

Christopher Daum, l'entraîneur moustachu et légèrement drogué de Leverkusen consolera comme il le peut ses joueurs. Profondément hitchcockienne, cette saison 1999/2000 de Bundesliga est considérée par beaucoup de supporters comme la plus belle, la plus folle, la plus spectaculaire des années 80-2000. 
Et l'on peut dire aujourd'hui que c'est le début du véritable envol du championnat allemand, qui mènera ses clubs et son économie florissante vers le Mondial 2006, qui sera le plus beau du football moderne selon les observateurs. 

Bundesliga - 34è journée





       Classement Final Bundesliga 1999/2000


Equipe Championne  d'Allemagne 1999/2000 - Bayern Munich

Mais oui Lecteur !!! Je vois que tu as scrollé jusqu'au bout :) Mais je t'aime ! Comme chaque saison, la Bundesliga nous offre son lot de frapadingues, et cette saison là c'est un certain Janusz (ouais comme la fontaine à Strasbourg lecteur alsacien que tu es). 
Janusz Gora. Joueur de Ulm. Très émotif, très colérique, très bon joueur aussi. Ce polonais de 37 piges, pètera carrément un plomb à la fin d'un match houleux de Ulm face au Hansa Rostock. Un match où ses coéquipiers ont complètement lâché prise en 2nde période, et se retrouveront relégables, et cela jusqu'à la fin de la championnat... 
Délectez-vous de ce craquage de fusible en direct à la télévision allemande. "SKANDALLLLL"







jeudi 13 décembre 2012

Cristiano Lucarelli : Rouge sang



Oh Lecteur de la grande Surface de Panenka, je t’annonce aujourd’hui que l’on va parler d’un grand, d’une légende. Mais personne ne le connaît … enfin on a vaguement entendu parler de lui mais alors vraiment de loin (le soir tard sur l’Equipe du Dimanche…)

Un petit coup de Julien Lepers ? Ok ! Top : « Je suis un joueur né en Italie en 1975, j’ai beaucoup voyagé sur Alitalia au vu des nombreux clubs que j’ai visité dans ma carrière. Considéré comme le joueur le plus intellectuel et politisé de la Série A, je me suis engagé dans différentes causes, notamment les plus démunis dans ma ville de Livourne, je suis ??? »

Ok, bon apparemment, vous êtes largués, mais comme je vous aime quand même je vais vous aider. Il s’agit de Cristiano Lucarelli. Il n’a jamais été considéré comme une perle. Et pourtant il a toujours su se faire apprécier de ses coéquipiers, de ses entraîneurs et surtout des supporters. C’est à Cosenza, en 1995/1996 qu’il prend véritablement son envol. Attaquant de rupture, il marque 15 buts durant la saison, s’attirant déjà les éloges des plus grands clubs. Bergame, Padoue, et même le FC Valence, il sera un véritable globe-trotter du football européen. 

Mais c’est en 2003 que sa vie prend un tournant décisif. Cristiano n’a jamais caché son attirance pour le communisme, et a même fricoté un certain temps avec les BAL (Brigade Autonomes Livournaises). En hommage même aux supporters Ultras de Livourne, nés en 1999, il portera les deux derniers numéros sur son maillot toscan. A l’été 2004, suite à une excellente saison en Série B, son agent lui précise qu’il est toujours la « propriété » du Torino. 
 

Trop attaché à sa ville natale, il refuse l’offre de l’équipe des rouges de Turin, et écrira quelques mois plus tard « Tenetevi il milliardo » (Gardez le votre milliard). Il y déclare son amour fou de Livourne, sa décision de rester malgré la baisse de salaire, et sa relation très forte avec les supporters. Son livre est actuellement étudié en Université du Sport et des Lettres à Livourne et Florence. 

Lucarelli n’a été sélectionné que 6 fois en Equipe d’Italie. Lui le justifie par son appartenance à la gauche radicale, les entraîneurs successifs pensent que la concurrence était trop forte à l’époque (Toni, Del Piero, Inzaghi) pour que cela lui laisse une place sur la feuille de match. Vous l’aurez donc compris, Lucarelli est l’un de ses joueurs rock’n roll, politisés jusqu’à l’os, bercés par les chants des Livournais dans le stade vétuste Armando Picchi. 

Il partira quelques temps après au Shaktar, délaissant sa Toscane natale. Le communisto n’était plus en accord avec les stratégies du club de Livourne. Avant de partir, une dernière provocation à l’encontre du pouvoir en place. Allant à Milan, les supporters livournais accompagnés de « Luca’ » se présentent à San Siro avec un foulard sur la tête, imitant Silvio Berlusconi cachant ses nouveaux implants lors d’une visite à Moscou. 

Supporters de Livourne - San Siro 
"Berlusconi pezzo di merda"



Lucarelli est de ceux qui pensent le football comme un art, comme un engagement de soi et de ses idées. Nombreux sont les journalistes qui l’ont critiqué pour ses prises de positions intempestives. Mais il mouilla le maillot dans tous les stades où il est passé. Lucarelli est un mythe à Livourne, un traitre à Pise, et un moins que rien à Florence. Il représente à lui seul tout le paradoxe du foot italien. Révolté, Tragique, et éminemment Politique ! 


Fiche Carrière Lucarelli

mercredi 12 décembre 2012

Euro 1996 : A nous les petites anglaises !!

Hé oui Lecteur, Panenka a pris quelques jours de congés pour mieux revenir, pour mieux tacler, et la mettre au fond. Aujourd'hui c'est une belle compétition dont nous allons parler, l'Euro 1996. La plus belle édition (de mon point de vue). Du spectacle, des stades blindés, une Marseillaise chantée en choeur par 60 000 spectateurs, et des Anglais au taquet. 

Le football revient dans son pays natal avec 16 équipes au lieu de 8 lors du dernier championnat d'Europe qui vit les Danois gagner contre toute attente. La Croatie arrive pour la première fois avec un pays indépendant, l'Allemagne apparaît plus forte qu'à la World Cup, et les outsiders se nomment Bulgarie, Portugal et République Tchèque.

Les Français, sous la houlette d'Aimé Jacquet, apparaissent comme des épouvantails sans être jamais désigné comme favoris par les bookmakers de sa Majesté. Et pourtant, on assiste à une très belle campagne de qualification avec des matchs fondateurs comme France-Azerbaïdjan à l'Abbé Deschamps (10 - 0) et le non moins fameux France Roumanie (qui est de loin selon les observateurs le match déclic de la génération 1998). 

Equipe de France 1996
En arrivant en Angleterre le 13 Juin 1996, à Newcastle pour affronter la Roumanie, les Bleus restent sur 7 victoires consécutives dont une de prestige face à l'Allemagne à Stuttgart. Et pourtant on retrouve Mickael Madar et Reynald Pedros dans l'équipe...C'est dire si on avait peu d'ambitions. 
Rappelez-vous lecteurs et lectrices. Lors de l'annonce de la sélection officielle, Jacquet avait écarté Cantona (véritable Dieu Vivant outre-manche) et Ginola (véritable Dieu vivant en Bulgarie...). La presse se déchaîne, Jacquet tiendra bon. 

Un passage sans encombre du premier tour, avec la revanche contre les Bulgares que les Français corrigent 3 à 1 et où Hristo Stoïchkov montrera tout son talent pour intégrer le FN ("Dans ton pays on crève la dalle sale Nègre" dira-t-il à Desailly)

Les Pays Bas arrivent pour les 1/4 de finale. Zidane est toujours diminué suite à son accident de voiture quelques semaines avant le début du tournoi. Les Français l'emporteront au tirs au but. Bis Repetita en 1/2 où les Français perdront la face contre des Tchèques dans une enceinte d'Old Trafford pleine à craquer et derrière les Bleus. (Pedros aurait pu marquer son foutu pénalty de mes deux quand même !!!)
Nedved, Poborsky ou encore Smicer crucifieront l'Equipe de France. Mais la route pour 1998 est désormais dégagée...

Et dans les autres groupes me direz-vous ?

L'Angleterre réalise un quasi sans-faute dans le Groupe A avec notamment un but venu d'ailleurs du revenant Paul - Gazza - Gascoigne contre l'Ecosse. Les Pays Bas se qualifieront grâce à la différence de buts devant ces même écossais.
But Gascoigne Ecosse 1996

Les Anglais sont certes attendus, mais peu de supporters croient en leur chance. Absent du Mondial 1994 chez le cousin Américain, les Anglais sont dans une phase de transition avec le départ de Lineker, la méforme de Platt et l'arrivée du bondissant Shearer. 

Dans le Groupe C, c'est la mort qui rôde...Italie, République Tchèque, Russie, Allemagne. Presque 3 buts par match, à Anfield et Old Trafford, une équipe allemande de feu. En somme, un Euro à lui tout seul ce groupe ! 

Bon on vous l'avoue, le Groupe D est ouvert et donc chiant ... Portugal, Croatie, Danemark, Turquie. Les matchs se jouent à Sheffield et Nottingham (tiens ... deux équipes dont on n'entend plus parler...). C'est la toute jeune Croatie qui va tirer son épingle du jeu en pratiquant un football Champagne, avec un duo d'attaque exceptionnel composé de Boban et Suker. 

La deuxième phase de la compétition sera moins flamboyante, plus fermée. L'Angleterre se qualifiera au bout du suspense face à l'Espagne, la Croatie tombera contre l'Allemagne de Klinsmann (2 ans plus tard, les rouges et blancs feront tomber la Mannschaft en 1/4 de finale de la Coupe du Monde 1998). Les Tchèques, toujours en réussite, élimineront le Portugal de Figo. 

Arrive la 1/2 finale tant attendue entre les Anglais et les Allemands. Question d'honneur et de fierté, les Anglais se doivent de tout donner sur le terrain. Au final, un match chiant à mourir, et des pénos qui n'en finissent plus. Southgate qui foire...un pays effondré. Rendez-vous en 1998. 

Composition Equipe finale Euro1996
Et voici la finale. Inattendue, passionnante, pleine de suspense. Deux pays frontaliers. La Tchéquie qui n'a que 3 ans dans le concert des nations mondiales. Le pays de Goethe y croit. Passionnément. Et c'est un match absolument exceptionnel que vont vivre les 80000 supporters de Wembley. Au terme d'une partie virevoltante, c'est une prolongation qui va devoir départager les finalistes. 

Pour la première fois dans l'histoire du football moderne, la règle du "but en or" est instituée. Le premier qui marque à gagner. C'est dégeulasse diront certains mais ça nous aidera bien 2 ans plus tard face à un certain Chilavert.

Oliver Bierhoff n'est pas encore titulaire dans cette équipe allemande. Et pourtant c'est lui qui va crucifier les tchèques d'une frappe en pivot, que Petr Kouba ne pourra capter.




But en Or Bierhoff 1996


Dernier titre officiel de la Mannschaft dans une compétition internationale, cet Euro marque aussi un tournant dans le monde footballistique. Plus de sponsors, mais également l'avènement d'une génération de joueurs né entre 1967 et 1975 qui feront les grandes heures du football mondial jusqu'au milieu des années 2000. 

Preuve en est, la désignation de l'Equipe Type de cet Euro qui ferait pâlir tout bon entraîneur qui se respecte (et également tout collectionneur Panini...)


(Et pour bien pleurer une dernière fois ... la séance de t.a.b des Bleus contre les Tchèques...foutu Pedros...)




samedi 8 décembre 2012

{Le Temps des Cerises} 1994/1995 : Les canaris déploient leurs ailes.


Comme tu l'as compris lecteur assidu de Panenka (enfin j'espère), les chroniques relatant les saisons du Championnat de France de "feue" la Division 1 s'appelleront "Le Temps des Cerises". Aucune connotation politique là dedans c'est juste que j'ai rien trouvé de mieux (et c'est déjà pas top comme titre). Bon, je t'accorde qu'elles n'ont pas toutes été bandantes. Loin de là. Les olympiennes d'ailleurs ont été carrément chiantes. De 1989 à 1993 (ou 1992 pour la FFF), une hégémonie sudiste. 10 ans plus tard, on repart encore pour 7 ans de bouchon lyonnais. 


Stade de la Beaujoire
Mais parmi ces années qui ont façonné le football français, il y a en a certaines qui détachent plus que d'autre. L'année 1994/1995 fera date dans l'histoire. Une équipe pimpante, fringante, qui pratique un football sud-américain, va apporter un vent de fraîcheur à un championnat deserté par les supporters après le scandale VA-OM et une saison 1993/1994 qui voit encore une fois le duel PSG-OM se gangréner entre la descente des Marseillais et le sacre du PSG. 



Autant dire qu'à l'époque, on se fait carrément chier dans les tribunes. Mais il y a en cet été post-World Cup 1994 comme une odeur de nouveauté qui va déferler sur la Division 1. Et ça commence en Août avec déjà une finale avant l'heure. Le PSG, champion sortant, reçoit la jeune équipe du FC Nantes. Les Canaris, emmené par un certain Jean Claude - Coco - Suaudeau, vont appliquer à la lettre les consignes du coach pour cette saison 1994/1995. Jouer en passes à ras de terre, en petit périmètre, étouffer l'adversaire, et surtout "SE FAIRE PLAISIR" ! 
Quand on voit la fabuleuse combinaison Loko-Pedros, on se dit qu'il n'a pas fallu deux journées de championnat avant que les Nantais appliquent les consignes. 


Ils s'appellent Ferri, Garcion, ou encore Capron, et ils vont montrer que le football n'est pas qu'une question de transversale pour chercher un coéquipier, ou de catenaccio. Les Nantais vont jouer et bien jouer. Ils vont même survoler la Division 1. Une seule défaite en 34 matchs (18 clubs à l'époque, c'tait l'bon temps ma brave dame...), et un duo d'attaque composé de Loko (22 buts) et Ouédec (18 buts et meilleur joueur de la saison).
Mais outre le FC Nantes, d'autres équipes sortent du lot, avec notamment l'AJ Auxerre de Guy Roux qui préparera le terrain de son titre de champion de 1996. Les saisons honorables de Cannes et du FC Metz, avec un duo d'attaque qui se profile : Les PP Flingueurs (Cyrille Pouget et Robert Pires).

Après 32 matchs sans défaite, les jaunes et verts se dirigent tranquillement vers le titre de champion de France de D1. C'était sans compter un soir d'Avril 1995. Au Stade de la Meinau, les Strasbourgeois emmenés par Sauzée, Keller, Rémi Garde et Mostovoï vont faire plier pour la seule et unique fois de la saison les Nantais, sur deux actions magnifiques dont un coup franc superbe de l'attaquant Russe.

Souvent lors de belles saison de Division 1, les clubs français n'arrivaient pas toujours à suivre la cadence en Coupe d'Europe. Et bien, preuve encore que la saison 1994/1995 n'était pas une saison comme les autres, 3 clubs français avaient réussi à se hisser à un niveau plus qu'honorable en Ligue des Champions, Coupe des Coupes (ah qu'elle était belle celle la...) et en Coupe de l'UEFA.
Rai face à Baresi. 1/2 finale Ligue des Champions



Le PSG se fera éliminer en 1/2 finale de la Ligue des Champions par le Grand Milan AC, l'AJ Auxerre perdre en 1/4 de finale de la Coupe des Coupes contre le Arsenal de Tony Adams, Ian Wright et David Seaman, et enfin Nantes qui, fatigué de son parcours en championnat, s'inclinera contre Leverkusen (lourdement d'ailleurs) en 1/4 de finale de la Coupe de l'UEFA. 
Le PSG d'ailleurs qui gagnera coup sur coup la Coupe de France (contre le RC Strasbourg), et la Coupe de la Ligue contre le SC Bastia, qui retrouvait le chemin de la gloire 3 ans après le drame de Furiani. 

Tu l'as compris cher lecteur Panenkaïens (oui ça fait limite secte), cette saison là est restée dans toutes les mémoires tant elle a été spectaculaire par le jeu, l'ambiance, et le résultat final avec une équipe nantaise qui a fait rêver ses supporters, mais également toute la France du foot. 


EQUIPE CHAMPIONNE 1994/1995
2ème rang : Ouédec, Capron, Le Dizet, Decroix, Casagrande, Ferri
1er rang : N'Doram, Pedros, Makélélé, Loko, Karembeu


CLASSEMENT FINAL DIVISION 1 1994/1995
L'AS Saint Etienne sera repêché suite à la non autorisation
pour l'OM de remonter en D1