jeudi 13 décembre 2012

Cristiano Lucarelli : Rouge sang



Oh Lecteur de la grande Surface de Panenka, je t’annonce aujourd’hui que l’on va parler d’un grand, d’une légende. Mais personne ne le connaît … enfin on a vaguement entendu parler de lui mais alors vraiment de loin (le soir tard sur l’Equipe du Dimanche…)

Un petit coup de Julien Lepers ? Ok ! Top : « Je suis un joueur né en Italie en 1975, j’ai beaucoup voyagé sur Alitalia au vu des nombreux clubs que j’ai visité dans ma carrière. Considéré comme le joueur le plus intellectuel et politisé de la Série A, je me suis engagé dans différentes causes, notamment les plus démunis dans ma ville de Livourne, je suis ??? »

Ok, bon apparemment, vous êtes largués, mais comme je vous aime quand même je vais vous aider. Il s’agit de Cristiano Lucarelli. Il n’a jamais été considéré comme une perle. Et pourtant il a toujours su se faire apprécier de ses coéquipiers, de ses entraîneurs et surtout des supporters. C’est à Cosenza, en 1995/1996 qu’il prend véritablement son envol. Attaquant de rupture, il marque 15 buts durant la saison, s’attirant déjà les éloges des plus grands clubs. Bergame, Padoue, et même le FC Valence, il sera un véritable globe-trotter du football européen. 

Mais c’est en 2003 que sa vie prend un tournant décisif. Cristiano n’a jamais caché son attirance pour le communisme, et a même fricoté un certain temps avec les BAL (Brigade Autonomes Livournaises). En hommage même aux supporters Ultras de Livourne, nés en 1999, il portera les deux derniers numéros sur son maillot toscan. A l’été 2004, suite à une excellente saison en Série B, son agent lui précise qu’il est toujours la « propriété » du Torino. 
 

Trop attaché à sa ville natale, il refuse l’offre de l’équipe des rouges de Turin, et écrira quelques mois plus tard « Tenetevi il milliardo » (Gardez le votre milliard). Il y déclare son amour fou de Livourne, sa décision de rester malgré la baisse de salaire, et sa relation très forte avec les supporters. Son livre est actuellement étudié en Université du Sport et des Lettres à Livourne et Florence. 

Lucarelli n’a été sélectionné que 6 fois en Equipe d’Italie. Lui le justifie par son appartenance à la gauche radicale, les entraîneurs successifs pensent que la concurrence était trop forte à l’époque (Toni, Del Piero, Inzaghi) pour que cela lui laisse une place sur la feuille de match. Vous l’aurez donc compris, Lucarelli est l’un de ses joueurs rock’n roll, politisés jusqu’à l’os, bercés par les chants des Livournais dans le stade vétuste Armando Picchi. 

Il partira quelques temps après au Shaktar, délaissant sa Toscane natale. Le communisto n’était plus en accord avec les stratégies du club de Livourne. Avant de partir, une dernière provocation à l’encontre du pouvoir en place. Allant à Milan, les supporters livournais accompagnés de « Luca’ » se présentent à San Siro avec un foulard sur la tête, imitant Silvio Berlusconi cachant ses nouveaux implants lors d’une visite à Moscou. 

Supporters de Livourne - San Siro 
"Berlusconi pezzo di merda"



Lucarelli est de ceux qui pensent le football comme un art, comme un engagement de soi et de ses idées. Nombreux sont les journalistes qui l’ont critiqué pour ses prises de positions intempestives. Mais il mouilla le maillot dans tous les stades où il est passé. Lucarelli est un mythe à Livourne, un traitre à Pise, et un moins que rien à Florence. Il représente à lui seul tout le paradoxe du foot italien. Révolté, Tragique, et éminemment Politique ! 


Fiche Carrière Lucarelli

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